Notre cerveau a-t-il un sexe ?

Notre cerveau a-t-il un sexe ?

Depuis toujours, on entend des banalités comme : les filles n’ont pas le sens de l’orientation, ou bien les garçons ne savent pas faire la cuisine, ou alors les filles sont trop sensibles, et les garçons eux, ne sont que des brutes à l’état pur, incapables d’émotions. Ces stéréotypes existent depuis bien des années, voire même des siècles. Comme si on était prédéterminé à faire, à aimer, à penser telle ou telle chose parce qu’on est une fille ou un garçon. Tous ces éléments ont fait l’objet de nombreuses études, qu’on peut regrouper autour d’une question : notre cerveau a-t-il un sexe ?

 

En apparence, le cerveau des garçons est un peu plus volumineux, lié à leur taille et à leur poids plus élevé. De là à dire que les hommes seraient plus intelligents, mouais, c’est un gros raccourci. On pourrait attribuer cette capacité aux filles, puisque la croissance de leur cerveau s’achève un ou deux ans avant celui des garçons. En tout cas, leur cerveau à eux deux est visuellement identique.

Dans les années 70’, des neurologues américains ont lancé la théorie selon laquelle le cerveau serait divisé en deux hémisphères. L’hémisphère gauche serait spécialisé dans le langage et le raisonnement analytique, l’hémisphère droit serait impliqué dans la représentation de l’espace et des émotions. À la suite de ça, des différences psychologiques entre l’homme et la femme ont été vite posées. Mais selon Catherine Vidal, neurobiologiste, et féministe, « déclarer les femmes douées pour le langage parce que leur hémisphère gauche est plus performant tandis que l’aptitude des hommes à se repérer dans l’espace serait due à un hémisphère droit dominant est une simplification abusive. » Ça, c’est clair, puisque des femmes ont beaucoup plus le sens de l’orientation que certains des hommes, et des garçons commencent à parler plus tôt que leur grande sœur. On trouve de plus en plus de disparités entre les personnes de même sexe, qu’entre l’homme et la femme.

Avec tout ça, tous ces stéréotypes véhiculés depuis des générations, on a bien envie de rigoler, et de dire que le cerveau n’a pas de sexe. Mais en même temps, le cerveau se trouve dans un corps sexué, et on ne peut pas peut nier qu’il existe des différences entre les deux sexes d’ordre naturel…

Par exemple, à part cas extrêmes de filles hyper entraînées qui pourraient tordre le cou à n’importe quel petit bonhomme, avez-vous remarqué qu’il vaut mieux éviter pour celles-ci de trop vouloir se frotter aux garçons en termes de défis en lutte ? C’est quand même pour la majorité peine perdue d’avance… Ils ont un patrimoine génétique qui les a rendus plus musclés et on ne peut rien y faire si ce n’est se bourrer de protéines et s’entraîner des heures pour atteindre ne serait-ce que la moitié (allez, les 3/4 pour garder le moral) de leur capacités innées.

En comparant des réactions simples et quotidiennes, on serait tenté de répondre oui, le cerveau a un sexe. Les filles sont par exemple capables de parler des heures et des heures de fantasmes romantiques avec des grands mots, les mecs parlent aussi des filles, mais pas vraiment de la même façon… Pourtant, il y aussi de grands romantiques ou des jeunes filles préférant profiter de leur célibat, et qui elles aussi ont bien envie d’aller jouer au foot ce soir.

On peut dire que le cerveau a un sexe dans la mesure où les hommes et les femmes ont des priorités différentes, et des émotions qui s’expriment de manière divergente. Mais ça ne détermine en aucun cas des dispositions qui seraient que chez toutes les filles et de la même manière, et que chez les mecs et de la même manière. Il y a les mêmes désirs des deux côtés, les mêmes capacités. Les différences dépendent en grande partie de l’éducation qu’on a reçue (familiale, scolaire, sportive) et d’autres facteurs. Par exemple, il y a des filles qui sont plus douées en maths, qui ont un meilleur sens de l’orientation. Les plus grands couturiers ou chefs cuisiniers sont des hommes, des secteurs qui seraient « plutôt féminins ».

 

En fait, savoir si notre cerveau a un sexe ou non n’est en réalité pas le plus important. L’essentiel c’est de considérer l’homme et la femme égaux, ils ont juste des compétences différentes. On est tels qu’on est. On évolue dans la vie en faisant des choix, en essayant de sortir de son éducation enfermante pour créer sa propre vision des choses. Et le monde en a bien besoin. Chacun à sa manière contribue au changement des mentalités et au respect des singularités.

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