Ce qu’on oublie de dire sur l’IVG médicamenteuse

Ce qu’on oublie de dire sur l’IVG médicamenteuse

 

Quand on est pleinement décidée à avorter, on se dit autant le faire le plus rapidement possible et de la manière la moins douloureuse possible ! Pourquoi attendre quand on peut le faire tout de suite ? En France, c’est l’IVG médicamenteuse la plus courante, puisque 57% des femmes ayant avorté en 2015 ont eu recours à ce procédé. Pourtant, il y a des choses qu’on oublie de dire et que toutes les femmes devraient savoir.

 

L’IVG médicamenteuse, comment ça se passe ?

Pour avorter, il faut se rendre dans un centre de planification, à l’hôpital ou même chez un médecin/gynécologue. Il peut être pratiqué jusqu’à 7 semaines de grossesses (9 d’aménorrhée*) et se déroule en deux étapes. Lors de la première consultation, un premier médicament est donné, le mifépristone qui permet l’ouverture du col et les contractions du col de l’utérus. Lors d’une seconde consultation 36 à 48 heures plus tard, c’est le misoprostol qui engendre les contractions pour déclencher l’avortement. La femme repart chez elle ou passe la journée à l’hôpital. La poche embryonnaire est généralement expulsée 4 heures après seulement ou parfois entre 24 et 70 heures. Une troisième consultation sera nécessaire pour vérifier que l’IVG médicamenteuse a bien fonctionné. Dans 5% des cas, l’avortement médicamenteux ne fonctionne pas et les femmes auront alors besoin de passer à l’avortement par aspiration.

Dans les faits, ça semble plutôt simple, facile d’accès et rapide. C’est vrai, car contrairement à l’IVG par aspiration, il ne nécessite pas d’anesthésie ni d’intervention chirurgicale. Prendre un cacheton, ça paraît quand même un peu moins traumatisant que de passer sous le billard. Pourtant, si on prend en considération que la femme se retrouve seule et qu’elle ne sait pas réellement ce qui l’attend comme dans le cas d’un premier avortement, ça peut l’être beaucoup plus.

 

L’IVG médicamenteuse, difficile à gérer pour certaines femmes :

Une étude a été menée par Fondation de l’Avenir sur des femmes ayant vécu l’IVG. Il en ressort que les femmes devraient être mieux accompagnées dans ce processus, car les effets secondaires sont fréquents.

94% des femmes disent avoir ressenti au moins l’un de ces effets secondaires, parmi les plus fréquents il y a la fatigue à 88%, les nausées, des vomissements , les maux de tête, des diarrhées et des vomissements à 28%. Pour contrer ces effets, 83% des femmes prennent des anti-douleurs lors des 5 jours du traitement, cela n’a pourtant pas empêché 27% d’entre elles de ressentir des douleurs très intenses au ventre lors du 3éme jour. Selon Mme Saurel-Cubizolle « Il faudrait avoir des protocoles de prise en charge de la douleur beaucoup plus puissants ». 33% ont également eu des saignements qu’elles ont jugés “inquiétants” voire “très inquiétants”, soit parce qu’ils étaient particulièrement abandonnant, soit parce qu’ils se sont prolongés durant près d’un mois, et ce, malgré les avertissements préalables. Pourtant, les femmes ne bénéficient d’aucun arrêt de travail dans le cadre d’une IVG médicamenteuse, pas même le temps de l’expulsion. Une situation qui peut être alors plus difficile à vivre.

Comme le rappelle à juste titre le Dr Philippe David : « Les femmes doivent pouvoir connaître tous les symptômes auxquels elles pourront être confrontées que ce soit la fatigue ou l’intensité des douleurs et des saignements afin qu’elles puissent prendre leur décision en toute connaissance de cause. La généralisation de l’IVG médicamenteuse n’est donc pas une bonne chose, car les femmes doivent pouvoir choisir leur méthode d’IVG en fonction de leur vécu et de leur contexte de vie »  

 

Même si vous êtes sûre de votre décision, renseignez-vous bien au préalable pour opter pour la solution susceptible de rendre cet épisode le moins traumatique possible. Les femmes ne sont pas toutes égales face à ce type d’intervention. Certaines pourront passer rapidement à autre chose et d’autres en garderont une blessure à vie. Toutes s’accordent pourtant sur le caractère difficile qu’a représenté l’IVG et les douleurs qui s’en sont suivies.

 

* aménorrhée : absence des règles

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